Anthony Mackie

[CRITIQUE] : No Pain No Gain


Réalisateur : Michael Bay
Acteurs : Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Anthony Mackie, Tony Shalhoub, Ed Harris, , Rob Corddry, Rebel Wilson, Bar Paly, Ken Jeong,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : 26 000 000 $
Genre :  Action, Comédie, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h09min.

Synopsis :
À Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le « rêve américain » et profiter, comme sa clientèle fortunée, de ce que la vie offre de meilleur : maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Pour se donner toutes les chances d’y arriver, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. Il embarque avec lui deux complices, Paul Doyle et Adrian Doorbal, aussi influençables qu’ambitieux.
No Pain No Gain s’inspire de l’histoire incroyable mais vraie de ces trois kidnappeurs amateurs qui, à la recherche d’une vie meilleure, se retrouvent embarqués dans une série d’actes criminels qui dégénèrent rapidement… Rien ne se déroule jamais comme prévu. 


Critique :

En plus de se payer des retitrages ridicules et inutiles, Pain and Gain s'est surtout amputé de cinq mois de retard sur nos terres, alors que sa sortie US était datée à la mi-avril dernier.
Une putain d'injustice aux vues de son casting, mais surtout de son metteur en scène, Michael " Fucking " Bay, le mister Money in the Bank officiel de chaque été des blockbusters, ou presque.

Injustice car quand le bonhomme s'amuse à cornaquer du gros blockbuster bien gras, aussi décérébré qu'il coute cher, on lui déroule le tapis rouge les yeux fermés tout en lui crachant dans le dos, mais à contrario quand il cherche à démontrer qu'il n'est pas qu'un morveux quarantenaire foutrement capricieux qui ne pense qu'à tout faire péter partout sur le globe, et qu'il est nettement plus intelligent que ces propres films, là bizarrement, il n'y a plus personne à l'horizon.

La réponse est surement dans le fait que le Michael s'est payé avec les années une sale réputation de despote exigeant, cible favorite des critiques bien pensantes (et souvent frustrées face à son aura populaire et fédératrice en salles), mais surtout de cinéaste patriotique jusqu'à la moelle (ces péloches ne démontrent d'ailleurs jamais le contraire).

Pour ce qui est de la France, il a déjà admis, à demi-mot, ne pas être un grand fan du pays du camembert, et les critiques le lui rendent bien, idem pour ce qui est des spectateurs qui ne l'ont pas toujours accueillit les bras grands ouverts dans les salles obscures.


Personnellement, j'entretiens une relation assez tumultueuse avec son cinéma, autant je suis un fan inconditionnel de ces premières bandes, autant depuis Transformers premier du nom, j'ai de plus en plus de mal à le défendre.

Son Pain and Gain arrive donc à point nommer si on peut dire - le truc c'est qu'on peut déjà se le procurer en import, que ce soit en Blu-Ray ou en DVD -, pour que je me rabiboche avec lui, surtout que sur le papier, il incarne tout du retour aux racines salvateur, un doux rappel à ses origines modestes mais foutrement ambitieuses.

Comme Bad Boys - qu'on se le dise, sans aucun doute son meilleur film avec Rock -, la bande coute très peu (26 millions de budget) et ne se base que sur une production simple mais hautement efficace : un pitch aussi solide que son script - signé par les excellents Christopher Markus et Stephen McFeely -, un fait divers aussi rocambolesque que fascinant (le métrage s'inspire de faits réels, ayant donné lieu à une série d'articles signé Pete Collins et parus dans le Miami News Times), et un casting de gros bras encore plus gros bras qu'à l'accoutumée.
Mais avant de n'être qu'une succulente et spectaculaire comédie noire aussi délirante que violente, Pain and Gain est avant tout un pari aussi risqué qu'assumé de la part de multiples talents n'ayant pourtant plus rien à prouver.


Mark Wahlberg, ex-Marky Mark qui faisait mouillé les adolescentes à coups de clips torse nu et de rimes pas toujours bien senties mais rythmées, est aujourd'hui un des action man les plus respectés de la profession.
Un talent confirmé, qui peut se targuer d'avoir la jolie mention " nominé aux golden globes et presque aux oscars " sur son c.v, doublée de celle de producteur avisé, exigeant et plutôt malin.

Dwayne Johnson, jadis star adulé - quoiqu'il l'est toujours encore - du catch professionnel et de la WWE, est aujourd'hui l'acteur le plus bankable et enthousiasmant du moment à Hollywood, un wannabe star du cinéma d'action qui aura bouffer du lion avant d'être considéré comme le nouveau " viagra à franchises " des années 2010.

Anthony Mackie, nouveau vent de fraicheur dans l'industrie qui aura patiemment attendu son heure de gloire avant d'être reconnu à sa juste valeur, soit indiscutablement le meilleur second couteau black que le cinéma US nous ait pondu depuis l'immense Morgan Freeman, mais surtout un potentiel talent oscarisable, capable de porter à lui tout seul une péloche ambitieuse (ce qui risque d'arriver très vite si sa composition du Faucon dans le prochain Captain America s'avère satisfaisante pour la major).

Et enfin Michael Bay, pur produit formaté d'un système Hollywoodien friqué et balisé, qu'il a lui-même servit en se faisant souvent cracher au visage pour seul remerciement.
Un movie maker qui pèse plusieurs milliards via ses symphonies de destructions massives, et en a littéralement chier pour avoir le droit de tourner, enfin, le projet personnel qui lui permettrait de montrer à tous que c'est bel et bien lui qui se sert à sa guise du système, et non l'inverse.


No Pain No Gain ou le film qui cherche sans feinter, à montrer que c'est bien lui qui a la plus grosse b*** de toutes les sorties ciné de 2013 : grosses bagnoles, gros muscles, gros abrutis, grosses villas, gros friqués détestables, grosses poitrines,... oui, quand Michael Bay décide de sortir l'artillerie lourde, on le sait, même avec un budget au caleçon riquiqui, c'est l'entre-jambe de toutes les majors qui tremblent, et pas qu'un peu.

Si l'on a taxé le bonhomme de promouvoir à outrance le rêve américain durant toute sa carrière à coups de clichés en tout genre tous plus grossier les uns que les autres, ici il prend sa vision à contre court en le tabassant salement, se débarrassant de tous ses artifices pour y montrer une Amérique dégénérée, vulgaire, obsédé par la richesse et la supériorité, parodie du vernis patriotique qu'il use lui-même dans ses propres productions.
Une Amérique pourrie, une Miami  " Vice " ou sa population est capable de tout pour vivre se semblant de fantasme de réussite, dont on a pour le coup, de plus en plus de mal à croire en son existence.

Une riposte infiniment personnelle, intelligente, décomplexée et vibrante, tournée à l'arrache, mais également une ode magnifique aux anti-héros accro au culte du corps, des types d'apparence ordinaire embarqués dans des situations extraordinaires qu'ils créent souvent eux-mêmes, mais qui les dépassent complétement, et ce même si ils se sortent toujours génialement de la panade.
Oui, Pain and Gain c'est tout ça, et même bien plus encore...

Débarrassé de tous ses tics et thèmes manichéens, Bay, toujours aussi énergique caméra à l'épaule, ne se contente plus de laisser ses comédiens évolués en roue libre - sa direction d'acteurs étant son défaut majeur on est d'accord -, ici, il les dirige d'une main de fer avec conviction, tout en leur laissant suffisamment d'espace et de confiance pour qu'il puisse s'exprimer sans jamais tomber dans les travers de la caricature ou du surjeu.
Un rapport de force différent mais clairement payant, certainement parce que depuis longtemps, le cinéaste n'avait pas été le seul maitre à bord de toute une production, l'empêchant d'avoir une vision claire et complète de son film.


Stupide (il est d'ailleurs, sans aucun doute, le film sur des crétins le plus spectaculaire de l'histoire, le Dumb and Dumber de l'action !), outrancier - le style Bay quoi - jouissif et incroyablement drôle et fascinant, cette aventure aberrante et génial d'accro au fitness - qui pense qu'en tant que bon patriote, il est de leur droit de ravir le rêve américain pour goulument y gouter -, tout aussi efficace et cohérente soit-elle, ne serait pourtant rien sans son casting d'une justesse immense.

D'un Mark Wahlberg impliqué en accro au fitness aussi violent que déterminé à jouir du luxe d'être plein aux as, à un Dwayne Johnson ahurissant en grand benêt cocaïnomane qu'il ne faut pas foutre en rogne, en passant par un Anthony Mackie touchant en bodybuilder aussi fidèle en amitié que sa quéquette et son compte en banque sont en berne, un inestimable Ed Harris en enquêteur aussi malin que bien conservé, sans oublier le génial Tony " Monk " Shalhoub en millionnaire victime mais profondément détestable; tous composent à la perfection des personnages bigger than life, à la fois antipathiques mais attachants, qui s'imposent aisément comme des sommets dans leurs carrières respectives.

Pur délire divertissant et maitrisé ou la rage de vaincre et la bêtise combinés font accomplir l'impossible, aussi hilarant que brutal et musclé, et bourré de scènes cultes (notamment celles avec le Dwayne, qui se comptent à la pelle), No Pain No Gain prouve avec panache qu'il est encore possible de produire des films inédits et intéressants à Hollywood, pour un budget défiant toute concurrence.

Original, unique, inoubliable et même infiniment précieux pour qui se laissera bercer par son storytelling et son histoire trop folle pour ne pas être vraie, Bay arrive haut la main à prouver en à peine deux heures, entre humour et drame, que dans le business l'argent n'est pas toujours roi sur les grands films, mais surtout qu'il est bien loin de l'image que l'industrie et la critique se sont efforcés de lui construire, à savoir celle d'un cinéaste de blockbuster crétin et rarement lucide sur la qualité de son produit.


Michael Bay : 1, la critique bien pensante et Hollywood : 0, le cinéaste gagne le bras de fer et lance un joli doigt d'honneur bien long à la face de tous ses détracteurs qui doivent bien l'avoir mauvaise aujourd'hui - si ce n'est pas le cas, c'est qu'ils n'ont vraiment rien compris du fondement même de cette entreprise -, même si il repart de plus belle sur la franchise Transformers, l'été prochain.

Hautement priceless, irréel et transcendant à chaque millimètre de pellicules, son simple statut de comédie noire burné, No Pain No Gain est LA bonne surprise de cette rentrée ciné 2013.

Pour ma part, il est sans conteste, l'un des meilleurs métrages de l'année, métrage qui se paye en plus le luxe de remettre sur le devant de la scène le fitness et le bodybuilder en tant que héros, véritable phénomène de mode dans les eighties avant d'être copieusement lynché par la popculture à l'aube des années 90.

Quand on vous dit que le film surprend et est vraiment unique en son genre...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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