Armie Hammer

[CRITIQUE] : Lone Ranger, Naissance d'un Héros


Réalisateur : Gore Verbinski
Acteurs : Johnny Depp, Armie Hammer, Ruth Wilson, William Fichtner, Helena Bonham Carter, Tom Wilkinson,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : 250 000 000 $
Genre : Comédie, Action, Aventure, Western.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h29min.

Synopsis :
Tonto, le guerrier indien, raconte comment John Reid, un ancien défenseur de la loi, est devenu un justicier légendaire. Ces deux héros à part vont devoir apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la corruption. Le tandem fait des étincelles et entraîne le public dans un tourbillon de surprises et d’humour.


Critique :

Via une campagne promotionnelle assourdissante, Disney aura tenté de toutes ses forces durant près d'une année, de masquer le potentiel immense flop commercial que pouvait incarné son poulain de l'année 2013, le couteux Lone Ranger.
Une mission quasi-impossible à relever sachant que personne n'était dupe, du spectateur lambda au cinéphile endurcit, tous ayant boycotté en masse la bande à sa sortie dans les salles obscures US.

En même temps, c'était un peu du tout cuit depuis le départ cette histoire, la prise de risque, aussi couillue soit-elle, était beaucoup trop énorme pour réellement avoir une chance de payer au box-office.
Tenter d'adapter les aventures sur grand écran d'un héros aux abonnés absents de la pop culture depuis belle lurette, le tout sous la forme hautement casse-gueule d'un western old school aux SFX friqués et constamment sous fonds vert, ce n'est pas ça qui fera rêver grand monde, et encore moins après les gamelles retentissantes des pas très glorieux Cowboys et Envahisseurs, mais surtout John Carter, déjà produit par Disney.

Bide prémédité et avéré donc, la nouvelle cuvée Verbinski/Depp, deux piges après le joli western animé Rango, pouvait que nous surprendre dans le bon sens, tant toutes les attentes à son sujet étaient toutes ou presque, quasiment au rabais...

Et puis finalement, après vision, oui, ce Lone Ranger vaut le mérite d'être vu, lui qui incarne une jolie petite surprise justement surprenante, nous poussant fortement à nous demander in fine, pourquoi celui-ci a autant été boudé dans les salles.


Bien moins lisse que la plupart des blockbusters familiaux de ses dernières années, Lone Ranger à la particularité d'être une production Disney s'en complétement en incarner une à part entière également.
Touchant autant les adolescents de par son côté spectaculaire et sombre totalement assumé, les morveux pour son humour et ses facéties enfantines et les adultes pour ses multiples lectures et sa référence appuyée aux westerns spaghettis à la John Ford/Sergio Leone, la péloche ratisse salement large tout en sachant clairement divertir son (ses) spectateur.

Après une magnifique et intelligente introduction - ou un vieux Tanto raconte son histoire à un jeune garçon au regard émerveillé -, la bande, certes un peu trop longue (tu les sens quand même les deux heures trente bien, bien tassées), tissera judicieusement la toile de son récit, relecture des fondements des États-Unis via d'habiles allers et retours entre un passé dans le Grand Ouest et un présent post-révolution industrielle, à la dureté sous-jacente jamais feinte.

Si on y suit dans les grandes lignes, la quête vengeresse et un tantinet burlesque de Tanto et du Ranger solitaire et masqué, bien décidés tous les deux à punir un gang de hors-la-loi sanguinaire, dans un torrent d'action hautement maitrisé - mention spécial d'ailleurs à la très lisible scène sur le train à pleine vitesse -, Verbinski en profite pour glisser en filigrane sa critique de l’Amérique d'hier - et un peu d'aujourd'hui -, et de la brutalité de sa conquête de l'Ouest, critique sans concession du gouvernement ricain et de son peuple, montré ici comme raciste et aveuglement cupide et violent.


Rude, osé - ça aligne quand même les macabés pour du PG-13 -, bien rythmé et scénarisé - même si c'est du basique, les personnages sont tous très bien développés -, Lone Ranger frappe fort et trouve véritablement sa force dans sa mise en scène léchée - une jolie photographie, une b.o d'enfer du roi Zimmer et une réalisation über inventive -, et un casting de rôles-titres hors pair.

Charismatique, burné et étonnement drôle et héroïque, Armie Hammer prouve qu'il a largement les épaules assez solide pour supporter de son seul talent un gros divertissement populaire et exigeant, et il renvoie par ailleurs admirablement la balle à un Johnny Depp absolument dément dans la peau de l'indien Tanto, comique et muet plus proche d'un Edward aux Mains d'Argent que d'un Jack Sparrow qui hantait la plupart de ses récentes compositions.

Outre leur formidable alchimie qui crève l'écran et une Ruth Wilson tout en charme, l'autre performance de poids à mettre au crédit du métrage reste celle du génialement mésestimé William Fichtner, formidablement cruelle en Butch Cavendish, véritable crevure à la gâchette facile.

Irrésistible, fun, critique, inventif, référencé voir même un chouïa nostalgique, Lone Ranger est une excellente surprise, un joli conte qui ne mérite vraiment pas son statut de divertissement " a boycotté ", même si il reste compréhensible que sa longueur et ses quelques petits détails maladroit de-ci de-là, puissent en rebuter plus d'un.


Magique, appliqué, fun et décomplexé, ce roller-coaster qui sera définitivement, sauf miracle, un one shot classieux - parce que l'on voit vraiment mal le studio aux grandes oreilles lui dérouler le tapis rouge d'une franchise -, tabasse pourtant dans les grandes largeurs la majeure partie des blockbusters de la saison sur leur propre terrain du spectaculaire et du pop corn, tout en se permettant le luxe d'être aussi pimpant dans son fond comme dans sa forme.

Si Pacific Rim était sorti quelques mois plus tôt - ou plus tard -, le duo Verbinski/Depp aurait de nouveau là, indiscutablement accouché du meilleur big movie de l'été.

Reste plus qu'à savoir maintenant si la suite, Elysium en tête, arrivera à égaler cette performance.
Les jeux sont ouverts...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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