Abigail Breslin

[CRITIQUE] : The Call


Réalisateur : Brad Anderson
Acteurs : Halle Berry, Abigail Breslin, Morris Chestnut, Michael Eklund, Roma Maffia, David Otunga,...
Distributeur : UGC Distribution
Budget : 13 000 000 $
Genre :  Action, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h35min.

Synopsis : 
Une adolescente est kidnappée par un tueur en série. Pour la sauver, une opératrice d'un centre d'appel d'urgences va affronter ses propres peurs liées à une tragédie de son passé. Leur seul lien : un téléphone portable. Une course contre la montre commence... Chaque appel pourrait bien être le dernier.


Critique :

Parfois, le destin fait incroyablement bien les choses, et encore plus dans le monde du septième art.
Il y a de cela dix ans, personne ou presque n'aurait pu imaginer voir Brad Anderson et Halle Berry, deux artisans d'Hollywood aux univers complétement différents, être associer à un même et unique projet.

Sauf que voilà, magie du cinéma et du star système oblige, les voilà ensemble sur le même film en 2013, The Call, petite série B aux allures de thriller sympatoche, qui résonne comme le début d'une seconde carrière pour ses deux talents rejetés du système Hollywoodien, et que l'ont a considéré, peut-être, un peu trop vite bon pour la casse.

Le premier n'a officiellement, jamais réussi a transformer l'essai de ses premiers et sublimes longs, Session 9 mais surtout The Machinist, thriller paranoïaque et insomniaque absolument hallucinant, pierre angulaire de la méthode " Christian Bale ", à savoir joué au yoyo avec son physique jusqu'à l'extrême (pas la mort, mais presque hein).
La seconde elle, mis à part une présence assidue dans la franchise X-Men, n'a jamais vraiment su confirmé son statut d'oscarisé, contestable et contesté d'ailleurs, en se fourvoyant la plupart du temps dans des productions de bas étages, tout juste bonne à trainer dans les coins sombres de nos DVDthèques.


Mais les deux se sont récemment repris en main, lui en cornaquant avec soin des épisodes des séries populaires et récompensés Fringe, Boardwalk Empire et Treme, et elle, en s'offrant une seconde jeunesse dans le monumental morceau de SF des Wachowski, Cloud Atlas.
The Call donc, c'est la confirmation de leur retour pour de bon sur nos écrans, même si pour l'originalité de l'impact, on repassera...

En effet, le film est calqué ou presque (et j'insiste bien sur le presque) sur l'excellent Cellular, ou Chris " Cap America " Evans suait toute l'eau de son corps et de son téléphone pour sauver Kim Basinger (il arrivera à la sauver elle, mais pas sa carrière morte depuis), kidnappé par un Jason Statham qui jouait les vilains pour se préparer dix piges en avance à l'être dans Fast and Furious 7 (si, si je t'assures, c'est de l'actor studio comme on dit).

Ici donc, le but du perso principal campé par Berry, sera de retrouver en temps réel un otage, campé par une Abigail Breslin qui a bien, bien grandit depuis Little Miss Sunshine et Bienvenue à Zombieland, séquestrée et en instance d'être zigouiller par un tueur en série froid et sadique (Michael Eklund), tout en essayant par tous les moyens, de maintenir la communication téléphonique avec elle.
Du gâteau pour l’héroïne, vu que le métier de la dadame en question est opératrice dans un call-center de la police, et qu'elle répond à toute sorte de demande toute la journée, le popotin bien callée dans son fauteuil, devant son ordi.


Mais pour pimenter le tout et lui éviter le statut de DTV aussi intéressant qu'un Steven Seagal sous perfusion de donuts, le Anderson aura l'intelligente idée d'apporté une vision sous tension d'un métier qui l'est tout autant et qui jusqu'à aujourd'hui, a peu été mis en lumière au cinéma.

Car au lieu de simplement poser son intrigue dès le kidnapping de l'ado pas chanceuse, la péloche installe tranquillement mais surement son ambiance nerveuse et tendue via un premier quart d'heure expliquant le passé traumatisant du perso de Berry, qui avant même de recevoir l'appel de la petite Breslin, avait vécue une situation similaire qui s'était cruellement mal terminée.

Démarrée sur de bonnes bases, la péloche va donc pendant un petit peu moins d'une heure et demie, gentiment alignée autant les jolies moments de tensions que les clichés lourdingues (le tueur imprévisible mais trop " monsieur tout le monde, gentil papa/mari/voisin insoupçonnable ", les rebondissements prévisibles et souvent pesant, une surenchère narrative assez inutile, l’héroïne en quête de rédemption et devant faire face à une hiérarchie plus handicapante qu'autre chose) mais communs à ce genre de productions, le tout via une mise en scène habile et dynamique, au style très séries TV (l'essence des Experts et de 24H Chrono n'est d'ailleurs jamais loin), entre découpage limité et cadrages plan par plan.

Mécanique, intense, humain, réaliste et porté par un casting solide (que cela fait plaisir de voir une Berry aussi impliquée), The Call tient en haleine durant la majeur partie de sa première heure en jonglant habilement entre la gamine desespérée, coincée dans un coffre de voiture et l’employée du 911, calme et cherchant à lui venir en aide tout en devant combiner avec les faits et gestes du psychopathes, avant de bizarrement totalement sombrer dans un dernier acte plus que mal inspiré, aux fausses allures de torture porn du pauvre, et plombé par un final ultra réac à la limite du gerbant.


Une sortie de route dommageable et franchement évitable, mais qui fort heureusement n'entache pas l'aura positive du métrage, joli hommage aux bandes sans prétentions des 80's/90's, ainsi qu'aux héros du quotidien que peuvent incarner ses employées de services d'appels d'urgences.

Moins drôle et musclé que Cellular, moins viscérale et éloigné des sentiers battus que l'excellent Buried, le film n'en est pas moins une série B solide et sans prétention, balancée dans la grille des sorties estivales sous forme de petite bouffée d'air frais entre deux blockbusters colossaux.

Pas révolutionnaire certes mais divertissant et efficace, et de toute manière on ne lui en demandait  pas plus pour être séduit.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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